Bien-être au Travail : Où commencer? Où continuer?

 

Contenu de la conférence

Que coûte le « mal-être » au travail?

Où en sont les salariés aujourd’hui?

Et où en sont les entreprises aujourd’hui?

Comment engager ou revisiter une démarche de QVT/BET?

 

Conférencière

Corine Danner

Consultante RH & Coach Professionnelle

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« Traitez un individu comme il est, il restera ce qu’il est. Traitez-le comme il doit et peut devenir, il deviendra ce qu’il doit et peut être », nous disait Goethe.

Le Bien-Être au Travail (BET) et la Qualité de Vie au Travail (QVT) n’ont jamais été autant d’actualité. Les entreprises sont confrontées aux nouvelles attentes des collaborateurs, que ce soit un besoin de reconnaissance (au sens d’avoir de la valeur) ou un besoin d’autonomie. De là, des initiatives émergent par exemple au niveau de l’amélioration de la santé (diététique, sport, , lutte contre les addictions) ou encore à travers la montée en puissance du télétravail.

 

BET, QVT, Santé pour une meilleure performance sociale

BET, QVT, deux notions qui se distinguent et qui se complètent. Le Bien-Être au Travail est « un état d’esprit caractérisé par une harmonie satisfaisante, entre d’un côté les aptitudes, les besoins et les aspirations du travailleur, et de l’autre, les contraintes et les possibilités du milieu de travail », selon la définition donnée par l’OMS. Quant à la Qualité de Vie au Travail, l’ANI la définit en 2013 comme « un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement », dépendant de l’ambiance, de la culture de l’entreprise, de l’intérêt du travail, des conditions de travail, du sentiment d’implication, du degré d’autonomie et de responsabilisation, du droit à l’erreur, de la reconnaissance et de la valorisation du travail effectué.

Que coûte le « mal-être » au travail ? C’est la première cause de la dégradation de la compétitivité des entreprises du secteur privé, relevant des non-qualités de l’organisation du travail. L’indice du bien-être au travail en découlant révèle un coût du désengagement réciproque ou de non-disponibilité qui sont la résultante de plusieurs indicateurs tels que l’absentéisme, le turn-over, les retards, …

En chiffres, le « mal-être » représente 13 340€ par an et par salarié en moyenne, dont au minimum 5 300€ qui sont compressibles. A l’échelle du secteur privé, on enregistre ainsi une perte de valeur ajoutée de 250 milliards d’euros dont 95 milliards sont compressibles. Le « mal-être » au travail est définitivement un enjeu stratégique pour tous les secteurs d’activité économique.

L’absentéisme, un enjeu colossal : dans le secteur privé, cela représente en moyenne et par salarié 17,2 jours, et dans le secteur public, 39 jours ; 50 à 60% des journées de travail perdues seraient dues au stress professionnel.

Où en sont les salariés aujourd’hui ? Près de 40% d’entre eux trouvent difficile de concilier vie professionnelle/vie privée, 68% jugent leur travail fatigant nerveusement et 58% disent manquer de reconnaissance. On note une érosion de l’engagement, chutant de 41% en 2009 à 29% en 2018.

Où en sont les entreprises ? 61% d’entre elles ont mis en place des accords ou plans d’action en faveur de la QVT mais ces initiatives ne sont réellement activées que dans 32% d’entre elles. Top managers et futurs managers ou ingénieurs convergent quant à la nécessité d’une évolution des pratiques managériales pour s’adapter aux évolutions de la société et aux enjeux des organisations.

Y a-t-il un lien entre QVT/BET et Performance ? 52% des dirigeants estiment que la qualité de vie sera à l’avenir un thème de préoccupation pour augmenter la compétitivité, pour améliorer le climat social et maîtriser l’absentéisme. Et 89% des collaborateurs disent être plus motivés quand l’employeur prend en considération leur bien-être. Enfin, 91% des DRH constate une amélioration de l’ambiance et 86% une plus grande productivité après avoir mis le bien-être des collaborateurs au cœur de la stratégie.

Il est donc évident que QVT, BET et santé sont complémentaires et contribuent à améliorer la performance sociale et économique de toute entreprise.

 

Les tendances et priorités de demain

Quelles sont-elles ? Accompagner les salariés dans les transformations (peur du changement), leur permettre de développer leurs compétences (évolution métier, changements technologiques, …), améliorer l’équilibre vie professionnelle/personnelle, les soutenir face à l’allongement de leur vie professionnelle, accompagner les salariés en situation de fragilité professionnelle ou personnelle, développer le « co » (-développement, -opération, …), manager autrement pour faire grandir les équipes. Une liste longue, mais chaque organisation se doit de découvrir ses propres priorités selon son contexte propre…

QVT et BET contribue à la fois à la performance sociale et économique et constitue un pas vers la performance globale, qui constitue la colonne vertébrale des politiques RSE.

 

Comment engager ou revisiter une QVT/BET?

Commencez par vous poser la question du « Pour quoi » en prenant en compte votre contexte, vos propres enjeux de marché, du travail et sociétaux, et en définissant vos objectifs (ex. : réduire les risques psycho-sociaux, développer votre attractivité vis-à-vis de vos clients ou comme employeur… ?).

Dressez ensuite un état des lieux afin de dialoguer avec le comité de direction et les managers, les représentants du personnel et l’ensemble des collaborateurs, puis faites s’exprimer les équipes sur leurs attentes concrètes vis-à-vis de la qualité de vie dans leur travail. Cette phase est la plus délicate car des non-dits, frustrations ou revendications peuvent ressurgir ; il est préférable à ce stade de faire appel à une personne extérieure comme facilitateur, qui saura dynamiser et guider vos équipes vers vos objectifs.

Désormais, vous pouvez passer à l’action en priorisant les idées les plus pertinentes par rapport à vos objectifs/enjeux et la typologie de vos collaborateurs. Identifiez ensuite les moyens financiers, techniques et humains que vous êtes disposé à mobiliser, et expérimentez.

Enfin, pilotez la démarche en continu pour mesurer les progrès : corrigez, améliorez et développez.

 

Quelques points de vigilance

Communiquez encore et encore, écoutez, apprenez à rassurer pour emmener vos collaborateurs avec vous.

Certaines situations sont à régler au préalable, telles que des tensions ou des conflits, des mesures de sécurité, des pannes machines.

Soyez clairs sur les objectifs, préparez les managers à accompagner activement la démarche.

Apprendre à gérer les priorités. Il est important et utile de passer du temps sur certaines actions QVT, et de ne pas seulement se consacrer aux priorités « business ». Aidez alors les parties prenantes à arbitrer, en vous rendant présent dès le début de certaines actions afin d’aider et d’expliquer l’arbitrage.

Pour ne pas essouffler le développement de la démarche et son déploiement, il faut maintenir le dialogue en partageant les résultats obtenus et en faisant travailler les équipes sur les améliorations ou correctifs. Le bien-être au travail se travaille chaque jour.

 

Conclusion : Pas à pas, vers le bien-être au travail

Rappelez-vous que ce n’est pas une course. Avancez à votre rythme, que ce soit un développement ou une première mise en œuvre, rien ne vaut une politique des petits pas. Et souvenez-vous que rien n’est jamais acquis!

 

Liens et lexique:

10ans-barometre-sante-qualite-vie-travail - Malakoff Médéric

Groupe APICIL - Édition 2018 - IBET©l_REGARDS-EXPERTS-VF.pdf

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ANI 2013 : Accord National Interprofessionnel 2013

RSE : Responsabilité sociétale des entreprises