Comment accrocher son public – et le garder?

Contenu de la conférence

Savoir s’imposer dans une prise de parole

Gérer son stress face au public

Maîtriser les gestes, la posture et la voix

 

Conférencière

Sophie BACKER

Spécialiste en stratégie de prise de parole. Sophie Backer a développé la méthode MediaWording de préparation, d'élaboration de contenus et de structuration d'un propos pour rendre les prises de parole, en public ou face aux médias, accrocheuses et efficaces.

 

Prochaine conférence en ligne de Sophie Backer

(inscriptions gratuites, places limitées)

 
 
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Prendre la parole c’est prendre sa place

 

Accrocher son public, c’est aller à sa rencontre. Si vous faites partie de ces personnes pour qui le stress gâche le plaisir de la prise de parole, alors j’ai une bonne nouvelle pour vous : la prise de parole s’apprend ; le stress peut se maîtriser et l’orateur peut capter son public!

 

Les deux ingrédients de la réussite

Comment accrocher son public et le garder? Pour une recette réussie, il est important d’associer les deux ingrédients suivants : délivrer le message principal d’entrée de jeu et préparer son propos à l’intention de l’auditoire.

Adresser le message principal d’entrée de jeu est le meilleur gage « d’accroche » du public. En effet, le message principal dit ce pour quoi le public est venu écouter l’orateur. Or, par culture, celui-ci commence habituellement à poser le contexte, puis à progresser du plus général vers le particulier. En bons descendants de Descartes, l’auteur du Discours de la Méthode, nous construisons encore aujourd’hui nos propos en trois points : thèse – antithèse – synthèse. Ce qui suppose pour l’auditoire de devoir attendre la fin du propos pour entendre la valeur ajoutée apportée par l’orateur. En communication, nous représentons cette structure narrative par un entonnoir : du plus large au plus étroit.

Or, dans le monde d’aujourd’hui, saturé d’informations, il convient de renverser cette structure narrative et de commencer par le plus important, en le posant en point d’entrée et en fil conducteur de l’ensemble de la prise de parole. On passe ainsi d’une structure en trois points à une structure en seul point-clé. Ce point-clé constitue l’accroche. Il est ce pourquoi l’auditoire s’est déplacé pour venir l’écouter l’orateur.

Le second ingrédient de la réussite consiste à préparer le propos à l’intention de son auditoire. C’est un constat commun : trop d’orateurs parlent pour eux-mêmes, partant dans leurs pensées, utilisant un registre lexical difficilement compréhensible, perdant leur public dès les premiers mots. La préparation d’une prise de parole efficace consiste à se demander ce qui est attendu par ce public-là, ce jour-là, dans les circonstances précises qui réunissent l’orateur et l’auditoire. Mettez-vous à leur place, soyez auditeur avant d’être orateur!

Dans cette démarche, le contexte joue un rôle majeur. La prise de parole s’inscrit toujours dans un contexte spécifique. Au moment où l’auditoire écoute, il a des préoccupations, des centres d’intérêt, une attente particulière à l’égard de celui ou celle qu’il a choisi d’écouter. Toutes les erreurs de communication viennent d’une attente déçue, créant de la « mécompréhension » entre l’orateur et son public. Un public déçu va décrocher et poser son attention ailleurs. Ce qui est dommage pour l’orateur qui n’a pas réussi à le garder. Un public déçu peut aussi se mettre en colère contre l’orateur. Les exemples tirés de l’actualité récente – ou plus ancienne comme le fameux « je vous ai compris » du général de Gaulle – sont très nombreux.

Le message, qui est le moyen d’accrocher et de garder son public, se construit comme un tabouret à trois pieds en tenant compte:

  1. de l’intention de dire de l’orateur

  2. des attentes de son auditoire

  3. des éléments du contexte

La prise de parole est objectivement plus difficile aujourd’hui que par le passé. Là, comme ailleurs, nous sommes confrontés à un changement de paradigme. D’une part, l’individualisation des comportements rend l’auditoire plus impatient, voire plus impertinent. D’autre part, les usages liés aux nouvelles technologies augmentent l’exigence communicationnelle L’auditeur d’aujourd’hui, décroche vite, interpelle l’orateur sans gêne, et twitte, le cas échéant, pour affirmer son mécontentement ou dire son opposition. Le challenge pour l’orateur est non seulement de faire avec cet état de fait mais encore d’en tirer parti pour son propre bénéfice.

 

La méthode MediaWording, ou comment prendre la parole sereinement

Prendre la parole, c’est prendre sa place. Autrement dit, affirmer sa façon de voir les choses. C’est parce qu’il apporte de la valeur ajoutée, d’une manière ou d’une autre, que l’orateur est écouté. Il l’est pour ce qu’il est, pour la place qu’il occupe, au moins pendant son temps de parole.

La méthode que j’ai créée, MediaWording, contient les outils d’application des points de méthode évoqués ici. Elle permet de construire un propos accrocheur, qui met en valeur l’orateur face au public.

Comment gérer le stress? Au-delà de sa dimension propre à chacun, le stress dit l’anxiété face une situation mal maîtrisée. Maîtriser l’exercice de prise de parole par la construction du propos permet logiquement de maîtriser le stress. La méthode MediaWording a été créée dans cette intention.

Comment gérer le regard? Le regard de l’orateur est stable – il appuie son propos - quand le propos est clair dans son esprit. La méthode MediaWording, en consolidant la structure de la prise de parole, permet d’éviter le regard fuyant, l’orateur donnant l’impression malheureuse de chercher l’inspiration dans les fibres de la moquette ou dans la couleur du plafond.

Comment maîtriser la posture et la voix? L’entrainement à la prise de parole face caméra permet de constater que tout part du message principal. Plus celui -ci est clair, plus la gestuelle, la posture, la voix, seront affirmées. Et plus l’orateur sera crédible dans son propos. Pour maîtriser la posture et la voix, il faut maîtriser l’intention de dire – autrement appelée aussi « message principal ».

Pourquoi utiliser une caméra? Pour avoir la preuve par l’image de l’étroite interaction entre ce qui se passe dans la tête de l’orateur et ce qui émane de lui dans les différentes dimensions de l’expression non verbale.

La méthode MediaWording permet de travailler de concert le contenu et le non verbal. En améliorant la structure narrative, le stress s’estompe, la voix se pose, les gestes s’ouvrent, le corps prend sa place dans l’espace. La prise de parole est impactante ; l’orateur est accrocheur. Son public le suit jusqu’au bout.

Conclusion : Parler et prendre la parole, deux actions bien différentes

Parler relève de la spontanéité quand la prise de parole est un exercice technique. Comme tout exercice, il s’apprend, avec de la méthode – MediaWording – et des outils d’application des points de méthode. La prise de parole impactante, qui accroche son public et le garde, est à la portée de tous.